La vie en reuz
Le reuz, c'est le bruit, le bordel, le désordre, et par extension, la joyeuse java. Et ça, il faut le dire, dans ma bonne ville on sait faire. C'est comme une seconde nature. Début aujourd'hui donc de 3 jours de fête. Concerts et spectacles de toutes sortes, fanfares de rues venues de toute la France, animations dans tous les quartiers pour les petiots, musique sur les marchés, à boire et à manger, et samedi arrivée de la Redadeg, course de relais qui aura parcouru en une semaine tous les départements bretons pour ramasser des sous pour la langue bretonne, les écoles et autres, et ce genre de chose se doit d'être fêté décemment, c'est-à-dire an grande pompe.
Ce soir Plume a fait plus sage que Cendrillon, rentrée à minuit pile. Petit tour de chauffe. Faut assurer dans la durée. Et puis j'ai pas de mérite, j'ouvre ma fenêtre et j'entends la musique comme si j'y étais. Demain il fera jour, demain la provision hebdomadaire de légumes sur le marché sera sans doute un peu agitée, genre un kilo de patates, un kir, une salade, un kir, une botte de radis, un kir...Et toute la journée les fanfares fanfaronneront en ville. Ne me téléphonez pas dimanche aux aurores...
Chambre
2m30 sur 2m30. 23 dm sur 23 dm. 230 cm sur 230 cm, 2300 mm sur 2300 mm. Soit 5,29m2.
4 murs comme il convient. Et un plancher ciré clair et brillant à larges lattes.
Le long du mur Sud un lit aux dimensions à l'ancienne : 1m70 sur 1m30. Mais sans boiserie autour, juste un montant d'environ 20 cm de hauteur dans lequel le sommier s'encastre pour éviter la poussière du parquet. Sur ce sommier, un épais matelas de laine cardée, un gros traversin à la taie brodée, et couronnant la literie un énorme édredon de duvet recouvert d'un tissu rouge satiné.
Sur le mur Est, dans l'espace des 60 cms restants, une penderie, c'est à dire une étagère sous laquelle deux crochets retiennent une barre à laquelle sont suspendus des cintres. Le dessus de l'étagère est recouvert de papier adhésif rouge uni. Elle est occupée par des valises. Lorsque des vêtements y sont suspendus ils viennent effleurer le pied du lit. En prolongement, une fenêtre, plus haute que large, donnant sur la grille en contrebas, la glycine, le lilas et la petite rue pavée. Des rideaux de tulle blanc à l'odeur de poussière sèche. La fenêtre s'ouvre chaque nuit, en grand, et le matin on y met la literie à respirer.
La cloison au Nord est occupée d'abord par un radiateur en fonte surmonté d'une étagère recouverte encore d'adhésif rouge d'environ 1m de long et 20 cms de large, une chaise paillée non pour s'asseoir mais pour poser les vêtements le soir, et puis elle rejoint la porte. L'espace entre le lit et la porte fait penser à une ruelle.
Au mur de l'Ouest la porte large en bois plein, munie d'une poignée en forme de bouton. La porte n'est fermée que lorsque la pièce est inoccupée. Fermée le jour, ouverte en grand la nuit. Elle donne sur un large palier bordé de trois autres portes identiques, mais qui elles sont presque toujours closes, et une balustrade à fuseaux ventrus.
Sur les 130 cms de mur plein, au-dessus du lit, une étagère en treillis métallique rouge supporte quelques livres. Au-dessus de l'étagère un crucifix de bois noir toujours garni d'une branche de buis.
Les murs tapissés et le plafond peint sont blancs. Au centre de celui-ci, une ampoule nue au bout d'un fil.
Au-dessus du radiateur est punaisée une reproduction d'un tableau de Van Gogh. Sa chambre d'Arles, première version.
Ma chambre, pendant 17 ans, 6 mois par an. Le reste du temps quelqu'un d'autre l'occupe, quelqu'un pour qui on retire le crucifix de la tête du lit.
À ma connaissance, aucun crime à déplorer. Normal, il manquait une table pour en écrire le scénario.
Enfin, on peut mettre une Plume dehors !
Catalogue de printemps revenu
Le coucou sans un sou dans ma poche
Le premier lézard vert
Le premier grillon chantant
Du bleu, du bleu, du bleu
Le silence étrange de la mer endormie
Des ruisseaux en cascades
Des couleurs en folie
Des chapelles ouvertes
Un coup de soleil sur le nez
La très étrange chapelle St-Andrev qui n'a pas de porte à l'ouest. Sous son clocher, un mur aveugle. Elle date du 16ème siècle, a été remaniée au 17ème et...déplacée depuis le bord de mer.
Sur le mur côté nord, très humide parce que très enfoncé dan la terre, des restes de fresques.
Si les chapelles étaient ouvertes, la paroissiale, elle était close. On se contentera de la barque.
Un long parcours en sous-bois, des montées et des descentes, des villages traversés et celui qui toujours me transporte le coeur, le premier triangle de mer aperçu.
Ce qui, entre bien d'autres choses, échappe aux avaleurs de kilomètres qui à fond de train et le nez dans le menton, me dépassent (dans tous les sens du terme). Ein, zwei, ein, zwei, ein, zwei...Mais de quoi je me mêle, peut-être ne cherchent-ils qu'à se raffermir le fessier...
Je n'ai pas cessé d' entendre leurs glissements furtifs, celui-ci a bien voulu m'attendre.
Mais oui, quoiqu'on en pense, c'est un sentier, c'est écrit dessus !
Ne me dites pas, amis éminents botanistes que ces griffes de sorcières sont une plaie calamiteuse, je le sais ! Mais elles sont si belles en fleurs...
Sur le retour, petit arrêt à Langroaz dont je n'avais jamais pu voir l'intérieur. Je n'ai pas regretté.
Modestie, équilibre, clarté.
"Ecce homo" disent Pilate et Hérode en tendant la main vers le public.
J'ai pas pu m'empêcher. On dirait qu'il l'a rattrapé de justesse. Ah, les problèmes d'élastique !
Vraiment top la coupe du larron manchot, non ?
Va falloir penser à redevenir un peu sérieuse...
Après, promis juré on n'en parle plus.
La moindre bêtise fait rigoler Plume
Titre d'un article du Monde aujourd'hui :
"Les bourses replongent, inquiétude sur la Grèce."
Pour la graisse va falloir changer de régime, pour les bourses y a qu'à attendre, finiront bien par remonter !!!
Plume en colère
Je vous avais dit que j'avais vu du moche, le voilà.
On n'est pas en été, il fait carrément frais, et pourtant les algues vertes pullulent sur la grève de Sainte-Anne. Pas n'importe où. À l'embouchure des deux rivières qui ont traversé les terres en agriculture et élevage intensifs. Mais bien sûr, seules les mauvaises langues, dont font partie les vilains scientifiques, en tirent des conclusions, hâtives (on se hâte depuis 20 ans) et partiales. En été elles envahiront la totalité des grèves, qui seront fermées par les maires, nettoyées à grands frais (du contribuable) à coup de tractopelles qui enlèvent aussi le sable, les galets, toutes les algues sans discrimination et les coquillages qui vivent dans le sable. On interdira aussi dans la foulée la pêche à pied. Les vilains écolos iront manifester sur les dunes et les gentils empoisonneurs agriculteurs contre-manifesteront 200 m plus loin, protégés par un cordon de gendarmes, aidés par leurs collègues venus en cars de la Sarthe et du Maine-et-Loire voire de la Beauce, qui, c'est indéniable, en connaissent un bout sur les ulves et les courants marins. Il y aura encore des empoisonnements mortels, mais les préfets parleront de coïncidence malheureuse. Les journaux locaux éviteront sagement de trop en parler parce que ça ferait fuir les vacanciers. Faut qu'ils viennent, quitte à se boucher le nez, à ne pas pouvoir approcher de la mer, et à repartir très vite. Tout cela dit au futur et non au conditionnel, parce que cela se reproduit chaque année, sans faille.
Ah si, il y a du nouveau chaque année : c'est de pire en pire.
Yesssssssssssssss !
Direction bistrot !
Yec'hed mat deoc'h holl !
Nevezamzer
Je suis allée à l'heure de midi passer mon ptit coup de Karcher en mairie, et cap sur la grève de la plus belle baie du monde, où j'ai vu des choses très moches que je vous montrerai plus tard, et sur la dune où j'ai vu plein de jolies choses que voici :
Celles sans qui il n'y aurait pas de vrai printemps.
Et puis des inconnues que je vois tous les ans mais j'oublie de leur demander leurs papiers. Je risque de pas être prise comme ministre de l'intérieur dans le prochain gouv' !
La couille dans le potage
Bon, le titre c'est juste pour enrichir mes futurs mots-clés et berner le chaland gougueulien. Quoique, c'est pas hors-sujet. car c'est quand même l'expression qui m'est venue ce matin vers 11 h, accompagnée d'un horrifique chapelet de jurons, quand je me suis aperçue que je venais de fermer d'un clic idiot le doc sur lequel je bossais, à savoir mon futur chef d'oeuvre, sans avoir enregistré évidemment puisque je regardais ailleurs et que je pensais à "est-ce que je profite de l'éclaircie pour aller au marché ?" Voilà ce que c'est d'avoir toujours la main sur le mulot. Le pire c'était ma clef USB qui me narguait en rigolant (si, si) parce que je venais de la sortir du tiroir pour faire une sauvegarde des 10 chapitres déjà écrits. Bon, c'est pas la méga cata, je n'ai laissé s'envoler que la valeur approximative d'une page, mais enfin merdre de merdre je venais juste de la dorloter amoureusement, et que je te mets une virgule par ci et que je te déplace un verbe par là, et que je te nettoie des adjectifs inutiles...Grrrrr. Je suis une vile feignasse et je déteste refaire. Refaire du raté passe encore, mais refaire du réussi, non !!!!
Bon, eh ben si justement je vais m'y recoller...Et pour commencer, je resserre le rythme de l'enregistrement automatique qui pourtant m'énerve puissamment.
D'un autre côté, positivons, ce genre de connerie je la fais statistiquement une fois par bouquin. Tous les espoirs sont donc permis pour les 3 derniers chapitres de celui-ci !

























































